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Tuesday, 29 May 2018 07:09

Expériences de femmes dans les villes en conflit

         

 

 

     Rapport

sur le colloque intitulé

« Expériences de femmes dans les villes en conflit »

Filière francophone de droit, Université libanaise, 14-15 mai 2018.

 

Dans le cadre d’une collaboration franco-libanaise, le Réseau Universitaire et Scientifique Euro-Méditerranéen sur les Femmes et le Genre (RUSEMEG) et l’Association libanaise de femmes chercheures  (BAHITHAT) ont organisé avec le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères Français (MEAE) et du Conseil national de la recherche scientifique au Liban  (CNRS- Liban) le colloque intitulé « Expériences de femmes dans les villes en conflit » qui s’est

tenu le 14-15 mai 2018 dans les locaux de la Filière Francophone de Droit de l’Université Libanaise à Jnah (Beyrouth, Liban).

La première journée du colloque a été entamée par la séance inaugurale durant laquelle ont pris part Dr Azza Sleiman, Secrétaire générale de BAHITHAT, Dr Cybelle Jalloul Directrice de la filière francophone de droit à l’Université libanaise, Dr Marta Sigara Présidente du réseau RUSEMEG.

Puis ont suivi les séances de travaux :

La première séance s’est portée sur la recherche scientifique dans le domaine de femmes dans les villes en conflit.  Véronique NAHOUM-GRAPPE (Anthropologue, CNRS, EHESS, Paris), Rola KOBEISSI (Liban), Kmar BENDANA (Tunis), Diana CHEAIB (Beyrouth), Emma BOLTANSKI (IFPO, CNRS, Paris), Nour SALAMEH (Institut Européen de la Méditérranée, Barcelone), Darine BSAIBES (Beyrouth), Fatma OUSSEDIK (RUSEMEG, ALGER), Soukeina BOURAOUI (RUSEMEG, Center of Arab Women for Training and Research, Tunis) ont présenté leurs recherches dans ce domaine.

La 2ème journée du Colloque s’est divisée en deux parties:

La 1ère partie a regroupé des interventions de la part d’acteurs de la société civile libanaise afin de sensibiliser le public euro-méditerranéen aux questions liées à la femme au Liban: Nadine Méouchy (IFPO – Beyrouth) a intervenu sur les femmes réfugiées au Liban, Wadad Halwany a parlé au nom du Comité des familles des disparus de guerre au Liban, Rania Stephan a présenté un court-métrage sur le soulèvement social à Beyrouth en 2015, Nahida Khalil (Beirut Madinati) a présenté un projet de développement citoyen et urbain dans les quartiers de Beyrouth, Jana El Hassan (Professeure à l’Université Libanaise, une des fondatrices du département de cinéma et théâtre à la Faculté des Beaux-Arts, et spécialiste en drama-thérapie) a présenté des témoignages de femmes qui ont participé aux différents conflits qui ont eu lieu au Liban.

Durant la 2ème partie de la 2ème journée 4 ateliers doctoraux se sont tenus. Il s’agit d’ateliers encadrés par des professeur-e-s qui ont des spécialités diverses (Droit, Economie et Gestion, Sociologie, Anthropologie, Beaux-Arts, Histoire, etc…) venant de plusieurs pays (Tunisie, Maroc, Algérie, France, Grèce, Espagne, etc.) réunissant des doctorants/doctorantes de divers pays euro-méditerranéens et plusieurs disciplines. Les débats de ces ateliers doctoraux ont aidé les doctorants/doctorantes à élargir leurs pistes de recherche, leurs références bibliographiques, la méthodologie de présentation et de rédaction de leur thèse, à faire des comparaisons entre les différents systèmes dans le domaine de la recherche des pays de l’Euro-Méditerranée et de bénéficier des remarques, d’informations et de précisions liées à leur sujet de thèse de manière à élargir leur champ de réflexion et d’avoir de nouvelles pistes de recherche. Plusieurs doctorants/doctorantes du Liban ont participé à ces ateliers : Rafca HELO, EDLSHS, Université Libanaise, Jad TOHME, Faculté de chariaa de l’Université Islamique de Beyrouth, Ouyoun MCHEIK, EDDSPAE, Université Libanaise, Julie CHAHINE, EDDSPAE, Université Libanaise, Farah TALEB, EDLSHS, Université Libanaise, Ghada CHAMAS, EDLSHS, Université Libanaise, Dania EL ARISS, EDLSHS, Université Libanaise. Les autres doctorants/doctorantes étaient venus de France, Tunisie, Espagne, Maroc et Algérie.

 

Les objectifs de ce colloque :

 

Un des objectifs principaux de ce colloque a été de mener une réflexion collective euro-méditerranéenne sur les spécificités nationales et culturelles des expériences des femmes dans les villes qui ont connu ou connaissent aujourd’hui des conflits.

 

En connivence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) fixés pour 2030 par les Nations-Unis et notamment l’Objectif no. 5 (Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles) et les Principes de Beijing et de CEDAW concernant le genre, ce colloque a présenté une plateforme de dialogue euro-méditerranéenne sur le rôle des femmes et leur renforcement dans des contextes de conflits ou de post-conflits.

 

Les interventions ont mis la lumière les expériences de femmes à travers l’art, la littérature, la psychanalyse, la pédopsychologie, l’anthropologie, l’histoire, ….. dans des contextes conflictuels ou post-conflictuels.

 

 

 

Débats et Conclusions

Ce colloque a constitué un lieu de rencontre et un espace d’échange d’expériences scientifiques et civiles et de rapprochement entre les pays des deux rives de la Méditerranée dans une période de l’histoire riche en bouleversements et changements pour certains pays méditerranéens. Il a permis de renforcer la coopération euro-méditerranéenne et de mettre en évidence le rôle de la femme dans la société, en tant que pilier actif et acteur participatif en temps de guerre comme en temps de paix. 

Plus particulièrement, les conclusions suivantes ont pu être dégagées :

- Les interventions des chercheurs/chercheuses et les témoignages des acteurs/actrices de la société civile permettent aux nouvelles générations de s’identifier positivement à des modèles de femmes, qui ont mené et qui mènent au quotidien des « révolutions tranquilles » dans un environnement conflictuel et cela malgré la forte présence d’inégalités de sexes dans le monde arabe.

 

- Ce colloque a permis aux doctorants-doctorantes de présenter leurs travaux devant d’autres jeunes chercheurs/chercheuses et des encadrant-e-s/professeur-e-s qui ne sont ni leurs collègues, ni venant d’une même faculté ou d’un même laboratoire de recherche, ni leurs directeurs/directrices de thèse. C’est un exercice pour se préparer à la soutenance de la thèse qui permet aux doctorant-e-s de se mettre devant un public inconnu pour expliquer le sujet de la thèse, la problématique, les hypothèses, la méthodologie adoptée, l’apport et les résultats. Ces ateliers permettent également aux chercheurs/chercheuses d’apprendre à maîtriser leurs sujets et à être capables de répondre aux différentes questions posées par les encadrant-e-s/professeur-e-s et les autres doctorant-e-s qui pourraient être posées lors de la soutenance de la thèse. Il s’agit alors d’un exercice de pré-soutenance constructif et enrichissant à tous les niveaux pour les doctorant-e-s.

 

- Ce colloque a mis en évidence des femmes qui ont, à travers leurs expériences, projeté, consciemment ou inconsciemment, une image inspirante d’un féminisme arabe différent du féminisme occidental.

 

- Les constats des différentes interventions présentées penchent vers le rôle actif des femmes arabes, en particulier en périodes de conflits, ce qui déconstruit le stéréotype selon lequel les femmes arabes seraient inhibées et ne jouant pas de rôle actif  lors des conflits.

 

- Egalement, les différentes recherches penchent sur le rôle fondamental des femmes dans le processus de sortie de conflits et dans l’émergence d’une société plus juste, plus égalitaire et plus fondamentale dans le but d’atteindre les recommandations de CEDAW et des principes de Beijing.

 

- Des témoignages ont été présentés autour de femmes fortes, initiatrices, actives et indépendantes qui ont brisé les tabous et ont triomphé de beaucoup d’obstacles en dépit de tous les genres de discriminations contre les femmes.

- Une des conclusions principales de ce colloque est que l’évolution authentique du statut des femmes viendra en fonction des spécificités sociales, culturelles, juridiques et économiques de ces femmes et avec de la maturité. Et ce, afin d'arriver au but ultime de l’égalité hommes-femmes qui reste une tâche ardue dans une société déchirée par des conflits divers.

- Les interventions et les débats ont présenté un état de lieu de recherches sur le Genre et la violence dans les villes en périodes de conflits afin d’atteindre une justice sociale.

 Recommandations :

- Maintenir la mise en réseau et de partenariat entre les pays de la Méditerranée dans les programmes de recherche sur le Genre.

- Favoriser les partenariats entre les acteurs de la société civile, les universités (centres de recherche, écoles doctorales, enseignants, doctorants, étudiants) notamment dans les recherches sur le genre.

- Encourager l’approche multidisciplinaire dans les études liées au Genre pour promouvoir les différents objectifs du développement durable ( notamment l’objectif numéro 5 dans les cadre des « Objectifs de Développement Durable (ODD) » de l’Agenda 2030 initiés par les Nations-Unis ainsi que les différents Principes et Conventions liés à la femme .

- Sensibiliser les jeunes chercheurs libanais et euro-méditerranéens et les différentes institutions de recherche et académiques aux questions liées au Genre dans les études en sciences économiques et de gestion, dans les études de droit, en psychologie, dans les beaux-Arts, en anthropologie, ainsi que dans les disciplines scientifiques.

Remerciements 

La séance de clôture a tenu à montrer l’importance de ce colloque et à remercier tous les partenaires qui ont contribué à sa réussite i.e. le réseau RUSEMEG, la Filière Francophone de droit de l’Université libanaise, le CNRS libanais et l’Association BAHITHAT en la personne du comité d’organisation (Azza SLEIMANE, Jana AL HASSAN, Amal HABIB, Jana BADRAN) pour la qualité du travail et de l’organisation de cet événement scientifique en dépit des ressources limitées. 

 

 

Comité d'organisation du séminaire de BAHITHAT:

      Azza SLEIMAN

Jana AL HASSAN

  Amal HABIB

  Jana BADRAN

 

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